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Subject: Cap Anamur:L'aide a des demandeurs d'asile punie en Italie Newsgroups: gmane.politics.activism.zpajol Date: 2004-07-14 13:03:10 GMT (4 years, 12 weeks, 4 days, 17 hours and 17 minutes ago) [toutes les nouvelles à jour sur <http://pajol.eu.org/article569.html>] Libération 14/7/04 Une ONG qui a recueilli des clandestins accusée d'encourager l'immigration. L'Italie sanctionne le sauvetage humanitaire en mer Par Eric Jozsef Rome de notre correspondant «Encouragement à l'immigration clandestine». Pour avoir récupéré, au milieu du canal de Sicile, 37 Africains qui dérivaient sur un navire de fortune, Elias Bierdel, l'armateur du Cap Anamur, un bateau allemand de l'association humanitaire éponyme, a été appréhendé par la police italienne, lundi. Le commandant du navire a également été arrêté à Porto Empedocle, près d'Agrigente, et les immigrés immédiatement placés dans un centre de rétention après l'accostage du Cap Anamur au port sicilien. Aux portes méridionales de l'Europe, l'affaire est en train de provoquer une tension diplomatique entre l'Italie et l'Allemagne. «Il ne faut pas que Elias Bierdel soit puni parce qu'il voulait aider des personnes qui avaient urgemment besoin d'aide», a tonné le ministre allemand, Heidemarie Wieczorek-Zeul. «Le Cap Anamur a pris à son bord des clandestins avec l'objectif précis d'arriver en Italie», a répliqué le ministère de l'Intérieur italien, qui a décidé de faire preuve d'une extrême fermeté. Répression. Alors que des milliers de déshérités tentent de débarquer chaque été sur les côtes italiennes, le Cap Anamur aurait recueilli les 37 hommes, le 20 juin, à 100 milles de Lampedusa, la petite île au sud de la Sicile. Selon l'association allemande qui, depuis un quart de siècle, s'emploie à aider, sur les mers, les immigrés fuyant la misère et les conflits, il s'agirait de Soudanais ayant quitté le Darfour. Ce que contestent les autorités de Rome selon lesquelles, les 37 hommes seraient en fait des Nigérians et des Ghanéens. Mais, bien avant leur débarquement à Porto Empedocle, le ministre de l'Intérieur Giuseppe Pisanu, conformément à la politique de répression de l'immigration clandestine préconisée par le gouvernement Berlusconi, avait décidé de repousser les clandestins malgré l'intervention de multiples organisations humanitaires qui plaidaient pour l'octroi du statut de réfugiés politiques. Pendant plus de dix jours, le Cap Anamur a ainsi été bloqué au large, sous étroite surveillance. Rome prétendait qu'il revenait à Malte de les accueillir. Après avoir secouru les 37 Africains, le Cap Anamur s'était dérouté vers La Valette pour escorter une autre embarcation en péril avec à son bord 11 Somaliens. A Malte, Elias Bierdel avait préféré ne pas débarquer les rescapés : «Dans ce pays, n'importe quel étranger sans papier est immédiatement emmené en prison même s'il fait une demande d'asile.» Rapidement, le Cap Anamur a ensuite repris le large, direction la Sicile. Mais, dès le 2 juillet, Pisanu interdit au navire d'entrer dans les eaux territoriales italiennes en soutenant que les 37 Africains ont été recueillis près de Malte puis qu'il appartient aux autorités allemandes de trouver une solution. C'est l'impasse. Pendant dix jours, à 20 milles de la terre ferme, les immigrés seront des prisonniers flottants. Indésirables. Devant la détérioration des conditions de vie à bord du Cap Anamur, les responsables décident de forcer, lundi, l'entrée dans les eaux italiennes. Arrivés à quai, ils sont immédiatement arrêtés. Sous séquestre. Pour l'heure, Rome campe sur ses positions. «L'Italie a montré qu'elle était le ventre mou de l'Europe, s'est déchaîné le ministre (Ligue du Nord) de la Justice, Roberto Castelli, il s'agit d'un précédent dévastateur. Le message que l'on envoie au monde entier, c'est que notre pays n'est pas en mesure de contrôler ses frontières.» «Ce ne sont pas des Soudanais», a répété Pisanu qui affirme que, contrairement aux déclarations d'Elias Bierdel, «les passagers sont tous en bonne santé». Hier, les rescapés, qui, selon le père missionnaire Cosimo Spadavechia, seraient bel et bien en majorité Soudanais, ont officiellement demandé l'asile politique à l'Italie. Mais le Cap Anamur a été mis sous séquestre et les responsables, accusés d'être des passeurs, risquent quatre à douze ans de réclusion, 15 000 euros d'amende pour chaque immigré débarqué. _____________________________________________ ZPAJOL liste sur les mouvements de sans papiers * abonnement/desabonnement via le web a <http://listes.rezo.net/mailman/listinfo/zpajol/> * abonnement par mail : ecrire a zpajol-on@... * desabonnement par mail : ecrire a zpajol-off@... * archives : <http://news.gmane.org/gmane.politics.activism.zpajol> |
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